2.3.2 – Prévention individuelle des risques de submersion et des conséquences des inondations

Principes de prévention des risques de submersion

Les causes principales

De manière naïve la cause des inondations est l’eau. Sont en cause :

  • La pluie (montée des rivières, saturation des sols)
  • Les tempêtes – les dépressions (montée des eaux de mer par effet d’aspiration, submersion des ouvrages défensifs, digues, bassins)
  • Les séismes et les mouvements des côtes et fonds marins (par effet de tsunami, de rupture d’ouvrage, de modification destructrice des berges)
  • La fonte des glaces, des neiges (montée saisonnière des rivières et fleuves)
  • La rupture d’ouvrage industriels de type barrage ou retenue d’eau, de même que la rupture d’ouvrages défensifs tels des digues
  • l’imperméabilité des sols qui ne permet pas la captation de l’eau et son absorption soit par effet de saturation, soit par conception en zone urbaine par exemple
  • Chute d’astéroïde de taille suffisante qui provoquerait une séisme et/ou tsunami, cet événement n’est pas improbable et estimé comme centenaire à millénaire (ex : Tunguska 1908)
  • Réchauffement climatique qui contribue à une élévation du niveau des mers donc le recouvrement plus ou moins progressif de terres émergées de même qu’un plus grand risque concernant les épisodes de tempêtes, les régimes pluviométriques
Dans quelques cas rares, la cause de l’inondation n’a pas été de l’eau mais un autre liquide, parfois toxique ou corrosif, suite à un accident industriel (ex : Hongrie octobre 2010).

Prévention par l’identification du risque lié au terrains

La première chose qui doit vous venir à l’esprit est d’identifier toujours, et de vous assurer de connaitre et de reconnaitre le risque lui-même.

Identifiez donc toujours la nature de la zone où vous vous trouvez :

  • Naturellement submersible ou polder
  • Protégée par une digue
  • En risque tsunamis ou risque crue
  • Rivière dans une gorge
  • Existence d’un barrage
  • Ravine
  • En ville dans une impasse en pente située sous un plateau fortement urbanisé ou plus généralement sous une zone d’écoulement naturel des eaux
  • À faible distance d’un cours d’eau
  • etc.

Bien entendu pour les zones situées en France et dans la plupart des pays d’Europe, vous pouvez vous référer aux études de risque qui sont régulièrement publiées.

Il faudra sinon être observateur et/ou vous renseigner sur vos lieux de résidence, de vacances ou de déplacement

Ensuite il faut prendre en compte des facteurs susceptibles d’aggraver une situation d’inondation ou de submersion brutale

  • La hauteur des bâtiments (de plain-pied, à étage, voire en sous-sol)
  • La présence de risques adjacents (électriques, chimiques, nucléaires)
  • La nature des voies d’évacuation (en règle générale vers le haut, mais parfois aussi vers le bas)
  • Du terrain et des risques de glissement ou de mouvement en contrebas ou en surplomb
  • De la hauteur ou altitude par rapport à la source probable d’inondation
  • Du risque d’isolement
  • De la situation particulière de telle ou telle personne dont vous avez la responsabilité (maladie, handicap, etc.)

La prévention

Habitat

Règle numéro un, évitez les zones inondables et submersibles quelque qu’en soit la cause probable.

En matière d’habitat, privilégiez toujours des maisons solides, à plusieurs étages voire sur pilotis si la zone vous semble malgré tout à risque.

Choisissez chaque fois que possible une maison légèrement en « altitude » par rapport à un éventuel cours d’eau, niveau local de la mer, (20, 30, 50 m) et à distance suffisante

Prévoyez toujours des évacuation par les toits à plusieurs endroits au cas où, surtout dans les pièces les plus basses (cas d’un garage en sous sol)

La prévention par l’habitat est la première des mesure à prendre puisqu’en choisissant adéquatement votre lieu de vie ou de résidence, vous pourrez éviter, sinon la catastrophe, au moins une partie de ces conséquences. Si ceci n’est pas toujours un réflexe, soyez attentif aussi à ce risque lors de vos voyages et déplacement. Comme souvent il serait dommage de vous en être protégé efficacement à domicile mais de vous retrouver, en vacances par exemple, dans une situation dangereuse alors que vous êtes démunis.

Optimisez vos stocks et vos évacuations

La montée rapide des eaux doit vous conduire à prévoir de stocker toujours une partie de vos réserves en hauteur

Idéalement en fonction de votre région ou pays de résidence, une partie de votre stock devra être placé au plus haut de la maison. Attention cet endroit doit toujours vous permettre une sortie par le haut s’il doit vous servir de refuge ultime.

Beaucoup de personnes ont du se réfugier sous un toit. Encore faut il pouvoir en urgence s’y frayer un passage, ou pouvoir accéder au toit pour attendre les secours. Nous avons tous en tête ces images de maisons pratiquement recouverte. Souvenons nous aussi de ce qu’il s’est passé en Vendée, ou les maisons ont été submergées, les refuges dans les combles ou greniers devenant des pièges mortels faute d’ouvertures adéquates.

Prévoyez donc toujours un second sac de survie en hauteur. Je vous rappelle à ce titre qu’un sac en bas de votre habitation (voire un sac d’évacuation à proximité de la sortie principale) ainsi qu’un sac en hauteur (étage lorsqu’il existe) sont un point important de votre préparation. Si souvent l’événement sera annoncé, ce n’est pas toujours le cas d’une tornade par exemple, rare sous nos latitude et nos climats, ou d’une crue très brusque. Bref, disposer au point bas (abri contre les tornades par exemple) et au point haut (abri contre les inondations) d’un minimum de moyens de gérer une crise est toujours une bonne mesure.

Formez vos proches à gérer le risque à domicile

Comme toujours, la préparation se partage, au risque dans le cas contraire, de devoir malgré tout gérer les mauvais comportements de vos proches.

Ceci doit devenir une habitude :

  • Expliquez leur le risque, abordez le sujet avec eux
  • Discuter et laissez les apporter des solutions à la conduite à tenir, aux moyens nécessaires
  • Comme toujours n’insistez pas outre mesure avec les récalcitrants. Si possible, et si votre famille y est correctement sensibilisé, faites un exercice de temps en temps – si possible dans le noir (nuit, obscurité)
  • Apprenez leur à regagner un point haut de l’habitation rapidement
  • À trouver de l’éclairage
  • À trouver le matériel prévu, aussi simple et minimaliste soit-il
  • À lutter contre le froid avec les moyens disponibles (s’il fait froid, mais je répète, il fera rarement, en France en tout cas très chaud lors des crues …ou es événements climatiques)
  • À connaitre les moyens de sortie par le haut (attention, ne pas prendre de risques sans raisons) – prévoir d’ailleurs un marche pied, un escabeau à proximité des ouvrants (NE JAMAIS ALLER SUR LE TOIT « POUR VOIR » SANS MATERIEL DE PROTECTION CONTRE LES CHUTES – Ceci doit rester un moyen de dernier recours, risqué, mais vital lorsque plus rien d’autre n’est possible)
  • Apprenez à vos proches à se signaler

Attention aux risques liés à une évacuation non motivée

Il est important de bien informer aussi des risques liés à une éventuelle évacuation et du danger de celle-ci en cas de crue :

  • Lors d’une crue, d’une inondation le paysage n’est plus reconnaissable et de nombreux danger guettent sous l’eau – barbelés, enchevêtrements divers, trous, vagues et courants, obstacles
  • Attention dans certains pays exotiques aux animaux dangereux – alligators, serpents, etc..
  • Rester autant que possible à la maison (ou sur un point très haut à proximité immédiate) – ne vous déplacez pas à pied ou en voiture – vous pourriez outre les risques de noyade, de chute, vous trouvez isolé sur un point bas, emporté avec votre voiture, projeté contre un obstacle ou à l’inverse devenir la cible d’un débris dangeureux.
  • Pensez que votre habitation offre 3 à 4 mètres de hauteur minimum, de telles hauteurs sont rarement atteinte hors du lit d’un fleuve ou d’une rivière, en clair votre habitation est très protectrice face à de grandes hauteurs de crue.
  • Attention à l’idée de la barque ou du bateau gonflable, une crue peut être très violente et détruire et retourner une embarcation de ce type sans difficultés ou bien la projeter contre des obstacles mortels. Mêmes effets dans les deux cas …le décès prématuré des occupants.
  • Ne traversez jamais une route ou un passage emprunté par une crue, votre voiture ou vous même ne pourriez pas résister à la force de l’eau
  • Faites attention aux trous d’eau, même en voiture, une voiture qui commence à flotter devient très dangereuse. Ne vous engagez jamais dans un passage dont vous ne connaissez pas immédiatement la profondeur. ne vous engagez jamais s’il y a du courant et que l’eau atteint à peu près votre bas de caisse.
Souvenez vous que l’évacuation n’est une bonne solution que face à une rupture de barrage (ou un risque de rupture) ou face à un Tsunami uniquement. 

Attention au risque électrique qu’il soit domestique (heureusement en règle générale tout disjoncte) ou bien sur les éléments d’infrastructure ERDF (Réseau de transport). Disjonctez dès que possible tous les éléments électriques.
 

La gestion de l’inondation


Rester chez soi au plus haut de la maison.
Prévenir les secours si possible
Attendre au sec
Ne pas tenter de « franchir » la crue ou l’inondation, ne pas se déplacer
Evacuer seulement en cas d’alerte Tsunami ou Rupture de Barrage et seulement dans ces deux cas pour les zones concernées
Ne se rendre sur le toit qu’en toute dernière extrémité
Couper le courant

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