2.3.4 – Tirer quelques leçons concernant l’inondation et la préparation

Un premier exemple de scénario, de risque et de prévention

L’inondation est un risque immédiatement perceptible, courant et internationalement partagé. Il ne s’agit pas d’un scénario improbable, mais bien d’une situation que nous pouvons qualifier de très possible, de très probable quelque soit son échelle, locale ou catastrophique et étendue.

Elle est donc un bon point de départ pour envisager un plan de prévention minimum.

Elle nous permet de commencer à parcourir les schémas nécessaires d’une préparation individuelle :

  • Envisager un scénario (ici l’inondation)
  • Identifier les causes probables (de nulles lorsque vous ne pouvez être menacé à très probable et catastrophiques pour certains)
  • Définir les conséquences probables directes (submersion) ou secondaires (manque d’eau, etc.) de chaque cause possible
  • Identifier les risques particuliers qui vous concernent (maison basse, malade chronique à domicile, etc..)
  • Proposer une liste de solutions possibles pour gérer chaque point de risque, chaque conséquence dangereuse ou inconfortable que vous aurez imaginé
  • Mettre en oeuvre ces solutions (stock, plan familial, etc.)
  • Réévaluer le risque pour chaque solution (mon lot de secours peut il être détruit, si oui, comment faire pour ne pas le perdre ?)
  • Se poser enfin la question, « et si je ne suis pas chez moi « ? Et réévaluer le plan en cas de déplacement.

Un questionnaire pour apprendre

Je vous propose 10 questions auxquelles vous pouvez essayer de formuler les meilleures réponses possibles pour vous.
De combien de litres d’eau avez-vous besoin par jour ? Par semaine (5 jours) : …..
Comment pouvez-vous garantir facilement obtenir et conserver  cette eau  ?
Ou devez-vous stocker cette eau ?
Quelle autre facilité habituelle va vous manquer ?
Qu’est-ce que cela implique pour votre vie quotidienne ?
Quelles sont vos solutions de rechange ? Vos vrais besoins ?
Dans quel cas devez-vous quitter votre maison ?
Comment vous signaler aux secours ?
Pouvez-vous manger des fruits tombés dans l’eau ?
Les réponses se trouvent en grande partie ci-après.

Quelques points particuliers de vos stocks et de votre préparation

Au regard de ce que nous savons du risque de submersion, certains outils supplémentaires doivent venir compléter votre kit de survie, car il s’agit bien entendu de rester chez soi le plus longtemps possible (ou au pire sur son toit), les déplacements étant dangereux ou tout simplement impossibles.

  • Containers étanches (type Kayak ou agricole)
    • Lots de survie étanches pour 3 à 5 jours minimum incluant en sus de la nourriture et de l’eau
    • Containers étanches pour l’eau
    • Bouteilles d’eau stockées verticalement dans le container (1 pack d’eau par personne pour 2 à 3 jours environ, c’est vraiment une quantité minimum)
  • Filtre à eau (moyen de potabilisation)
  • Banderole d’appel au secours (à utiliser pour signaler à des secours distants ou un hélicoptère, un vrai besoin d’assistance, de secours médicaux)
  • Un bateau pour ceux qui le peuvent
  • Miroir de survie
  • Éclairage
  • Réserve étanche de vêtements adaptés et de couvertures
  • Réserve de médicaments et de matériels de soin.
  • Radio, onde moyenne et grandes ondes (la FM risquant d’être indisponible dans certains cas)

De même quelques solutions améliorées semblent découler naturellement de notre première réflexion :

  • Séparer son matériel en au moins deux lots
  • Mettre votre lot principal en hauteur si le risque principal est un risque d’inondation
  • Prévoir un outil près du toit pour pouvoir ouvrir une brèche si besoin, prévoir une fenêtre adaptée, un « velux »
  • Bien penser à un moyen de prévenir les secours en cas de besoin réel, lampe et bandeau « AU SECOURS » (et j’insiste sur le besoin réel, pour le reste essayez d’être autonome quelques jours, c’est la meilleure façon d’être un citoyen utile)

Sur les secours

Comme dans beaucoup de situations catastrophiques, les secours seront débordés ; par les sauvetages immédiats et urgents en priorité, puis par les reconnaissances.

Il est donc important de ne pas être un fardeau de plus pour les secours. Se préparer, je le répète, est bien un acte citoyen. Tout le temps où vous n’aurez pas besoin des secours, pourra leur permettre de gérer des cas plus urgents et de sauver de vies.

Lorsque vous aurez besoin des secours et seulement dans ce cas :

  • Accrochez votre banderole de demande de secours à l’extérieur.
  • La nuit signalez-vous avec une lampe. (Utilisez ci possible 6 éclats par minute soit 1 toutes les 10 secondes environ)
  • Mettez vous en position du Y (Yes avec les bras, ce signal international signifiant j’ai besoin de secours) à la vue d’un hélicoptère

Après le retrait de l’eau

Le retrait de l’eau ne signifie pas la fin immédiate de la crise, il faudra rester vigilant sur le fait que :

  • L’électricité revient, mais un risque d’électrisation n’est jamais exclu
  • L’eau n’est pas immédiatement potable, bien au contraire
  • Des glissements de terrain, des failles, etc. peuvent encore agir sur votre maison/hébergement
  • Que les déplacements dans des zones non reconnues que ce soit à pied ou en véhicule restent dangereux et ne doivent être envisagés qu’avec grande précaution jusqu’à la lever complète du risque.

Conclusion

Nous en avons fini avec l’inondation et avons parcouru :

  • Les origine du risque
  • Ses conséquences directes ou secondaires
  • Son évolution dans le temps, soit comme un phénomène passager, mais très destructeur, soit comme un phénomène durable très inconfortable.
  • La prévention et le début d’une préparation efficace et réfléchie
  • Ce qu’il faut faire en cas de risque immédiat de submersion
  • Ce qu’il convient de préparer, pour survivre, ou améliorer son confort après la catastrophe
  • L’interaction avec les secours si nécessaire

Relisez maintenant plusieurs fois ces différents chapitres, de manière à re-fabriquer par vous même tout le parcours « intellectuel ».

Essayez ensuite d’imaginer quelques scénarios possible où vous devrez survivre quelques jours dans une maison dont le 1er étage serait « noyé » sous les eaux, sans eau du robinet, sans électricité et sans chauffage, lors d’un printemps un peu froid.

Revoyez ce que vous pourriez faire sans préparation, revoyez ce que vous pourriez faire avec un minimum de préparation.

Enfin, dernier exercice, visualisez différents hébergements que vous connaissez, dans lesquels vous avez résidé, et trouver leurs éventuels défauts en cas de submersion.

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