1.6 Les besoins vitaux

Les événements dangereux, les accidents – un rappel

Avant de considérer tout autre catégorisation ou action, il convient de rappeler que certaines situation sont tellement urgente, qu’il convient en premier lieu de satisfaire aux enseignements usuels du secourisme de base. Les premiers besoins à satisfaire dans les premières secondes ou minutes qui suivent immédiatement d’un évènement dangereux sont les besoins vitaux, et « vitaux » est à prendre dans un sens absolument littéral.

Vous protéger d’abord

Vous mettre en sureté, le plus possible, vous et vos proches, est la première chose à faire quelque soit la situation. En vous mettant derrières des barrières de sécurité sur autoroute, en vous précipitant sous une table en cas de séisme – En vous défendant en cas d’agression (ou en fuyant) les solutions sont multiples en fonction des risques – mais survivre immédiatement ou réduire les sources de danger sont le premier principe à retenir.

Supprimer chaque fois que possible la source du danger (je n’insiste pas sur ce point, ceci couvre tout, de l’utilisation d’un extincteur à la neutralisation d’un agresseur, mais n’est jamais faisable dans les cas de catastrophes, par définition…), supprimer les sources de danger secondaires (le feu suite à un tremblement de terre).

Alerter les secours

Dans tous les cas où cela est possible votre premier réflexe doit être de passer ou faire passer l’alerte. Vous ne savez ni quand, ni si, vous pourrez communiquer plus tard avec les secours. De même vous rendre compte très tôt de votre impossibilité de communiquer avec les secours peut conditionner votre stratégie de secours, de survie, de déplacement.

Comme en secourisme de base, une fois votre propre protection garantie, c’est bien l’alerte qui prime, une alerte qui donne votre position la plus exacte, et qui est suffisamment informative pour que les secours comprennent immédiatement la nature des moyens, engins, outils spéciaux dont ils ont besoin.

N’oubliez pas de crier au secours si nécessaire, crier est un réflexe salvateur, que vous soyez agressé ou seul(e) face à une urgence vitale, criez !

Secourir

Ce sont donc à vos connaissances en secourisme qu’il faudra faire appel immédiatement. Moins de 3 mn pour respirer de nouveau (le plus vite, le meilleur), moins de 10 minutes face à une hémorragie importante, vous avez très peu de temps pour réagir face à une urgence vitale. Le vieil adage anglo-saxon : ABC – Airway, Breathing, Compression [Liberté des Voies Aériennes, Ventilation, Compression (hémorragie ou thoracique)] reste un basic à connaitre face à une accident.

Pour ce faire formez vous au secourisme, de nombreuses associations offrent (contre rémunération) des cours destinés au grand public. Répétez ces formations régulièrement et profitez chaque fois que possible des occasions qui vous sont offertes. Ces formations ne sont pas destinés à des situations « hors de contrôle » ou catastrophiques (à moins que vous ne prolongiez ces formations de base par de formations plus techniques) mais vous donnent toutes les bases pour gérer les urgences les plus fréquentes. Indispensable en toutes circonstances.

Certains organismes proposent des formations de secourisme opérationnel ou de survie destinés à des personnes qui risquent de se trouver seules ou en équipes dans des conditions d’isolement ou de danger particulier (pays en conflit par exemple, jungle, expédition, etc.).

Les besoins lorsque le danger immédiat est passé

Maintenir sa température

Le froid est l’élément adverse le plus immédiatement dangereux après les blessures et conséquences immédiates d’un accident par exemple.

C’est un point essentiel de votre préparation, tant en terme de confort, que de survie éventuelle. Si la chaleur peut vous tuer en quelques heures sans eau et sans abri, le froid peut lui vous tuer en moins d’une heure dans des circonstances extrêmes (y compris en France). De même le froid, peut transformer très rapidement, n’importe qu’elle situation en une situation d’inconfort dangereux voire de survie absolue.

La température est donc votre seconde priorité (ou première en fonction des cas) après l’événement ou l’accident lui même. Avec une nette priorité à accorder aux températures basses dans nos régions.

Trouver un abri (qu’il s’agisse de lutter contre le froid ou au contraire la chaleur et le soleil), disposer d’un minimum de moyens pour vous en sortir (couverture, vêtements adaptés, bâche) est un impératif nécessaire dans tous les cas, et plus encore lorsque vous devez affronter le froid et le vent.

S’hydrater, disposer d’eau potable

Ceci est la suite logique et nécessaire.

Le manque d’eau est ce qui vous tueras le plus surement, après respectivement, les risques traumatiques et médicaux et les conditions climatiques. Dans tous les cas, disposer rapidement d’eau potable, si possible renouvelable est un objectif important.

La recherche d’eau, la disponibilité d’eau potable et son transport, doit être un point essentiel de votre préparation et de tous vos kits (EDC, GHB, voiture, voyage, confinement, etc.) – 24 à 48 heures vont être la limite, les limites supportables, par des personnes en bonne santé ;ce temps pouvant ce réduire considérablement pour les bébés, les malades, les personnes agées.

Dès lors que vous êtes impliqués dans une situation, qui pourrait durer, et ce quelque soit sont origine, vous devrez identifier où sont vos réserves d’eau disponible le plus vite possible.

Penser toujours à avoir un minimum de boisson (si possible aqua simplex …pas de sucre, pas de soif, pas d’élimination complexe) sur vous lorsque vous vous déplacez.

Les réserves d’eau sont celles qu’il convient de rationner au plus vite si votre situation d’inconfort semble devoir durer plus longtemps que vos réserves disponibles et que vous n’avez pas trouvé de source d’eau accessible.

Se soigner

S’il n’y a pas de grande urgence (urgence absolue) les soins pourront ou devront attendre que la victime, ou vous même, soyez un minimum à l’abri et au calme. certains devront être prodigués dès cette étape.

Prenez vos  médicaments, sauf s’il contreviennent à la situation, ou vous font courir un risque supplémentaire, somnolence forte par exemple. Ne jamais interrompre un traitement de longue durée brutalement.
Avoir toujours son traitement avec soi en déplacement.

Dormir

Ce besoin n’est pas toujours pris en compte immédiatement en survie. Toutefois la résistance à n’importe qu’elle situation dangereuse ou inconfortable sera grandement maximisé si vous dormez suffisamment. Le manque de sommeil commence à affecter la prise de décisions pour certaines personnes en moins de 48 heures. De même les périodes de sommeil sont moins consommatrice d’énergie que les périodes d’activité

Si le manque de sommeil ne vous tue pas en tant que tel, ces effets vous affecteront a peu près dans le même temps que le manque d’eau vous affectera gravement. Ceci me semble une raison évidente d’ajouter le sommeil comme un besoin essentiel en situation difficile.

Dormir le plus tôt possible, dans les meilleures conditions possibles est donc un impératif à moins que lutter contre le sommeil ne soit votre meilleur gage de survie (Homme à la mer par exemple, situation de survie dans le froid).

Pouvoir vous abriter pour dormir et vous reposer doit faire partie de vos préoccupations, immédiatement après avoir trouvé de l’eau potable.

Manger

Besoin lui aussi essentiel, se nourrir n’en est pas moins une préoccupation secondaire. Dans le cas de situations d’inconfort ou d’inconfort dangereux, voire de survie, manger rassure certes –  mais un être humain en bonne santé peut tenir plusieurs jours voire semaines dans les cas extrêmes et ce sans nourriture.

Se nourrir implique de disposer d’eau si possible en quantité et ce point doit être bien en tête des personnes qui pourraient se trouver dans de telles situations.

Attention toutefois, ce n’est pas le cas des Bébés et de certaines maladies spécifiques (il n’y a pas que le diabète) qui imposent aux personnes qui en sont atteintes de manger régulièrement et de disposer de sucre en permanence.

Il est important d’avoir mangé de manière équilibrée avant un déplacement, un voyage, au cas où.

Manger est un confort rassurant, mais n’a jamais le même caractère d’urgence que peut l’être l’eau ou le maintien de la température corporelle qui eux sont des question de survie parfois immédiate.

Communiquer – s’informer

Plusieurs aspect ici. Ceci est un besoin pour la plupart des personnes, mais en aucun cas un besoin vital immédiat (sauf pathologies particulières), il participe toutefois des capacités à surmonter une épreuve. Communiquer et avoir des rapport sociaux est bien un besoin vital à terme mais il est possible de survivre seul plusieurs semaines, plusieurs mois.

Une situation de survie ou d’inconfort dangereux vécue par une personne isolée peut être psychologiquement beaucoup plus difficile à surmonter que la même situation vécue au sein d’un groupe soudé. Sur la durée et dans des situations extrêmes, le manque de communication, d’informations venant de l’extérieur va être aussi un facteur déterminant de la survie (d’où ces messages radio envoyés au cas où, vers des otages isolés dans diverses situations).

Disposer d’informations peut permettre aussi de prendre les bonnes décisions (fuir, se confiner, rejoindre une zone de rassemblement ou de présence des secours) et ce point doit être envisager le plus tôt possible. sur cet aspect il convient de différencier les situations de survie « absolue » en zone isolée ou désertiques, et celle que nous décrirons le plus : des situations d’inconfort dangereux, se produisant à proximité de zones rurales au pire ou urbanisées (au mieux) et permettant une intervention des secours dans les heures ou les jours qui suivent.

Pour résumer

Nous avons identifié un certains nombre de besoins plus ou moins urgents qu’il faudra traiter à un moment ou un autre d’une situation qui « dérape » dans le temps.

Vous remarquerez que plus ces besoins seront traités (ou n’auront pas besoin d’être traité) plus votre situation sera confortable : chez vous au chaud avec de la nourriture et un bon vin, n’est pas une situation d’inconfort et encore moins dangereuse. Plusieurs jours sans le traitement de votre grave pathologie cardiaque, peut vite le devenir, même si toutes les autres conditions sont acceptables par ailleurs.

Nous avons donc défini un ordre approximatif mais cohérent de traitement et de risque pour chacun de ces manques potentiels lorsqu’ils apparaissent après un événement, une crise, un accident.

Pour aller plus loin

  • Faites une liste de ce dont vous auriez besoin chez vous pour tenir 24 à 48 heures en tenant compte des circonstances suivantes : il n’y a ni électricité, ni gaz, pas d’eau potable, et pas de chauffage.
  • Trouver une liste de choses dont vous pourriez disposer dans un sac facile à porter pour gérer au mieux ces situations :
    • Secourir, alerter, soigner, avoir de l’eau potable, dormir (?) manger, s’informer.
  • Une fois cette liste faite, comparez la à ce que vous avez sur vous au quotidien.
  • Voyez-vous des défauts. que ce passe t’il si la situation dure 8h00 – 24h00
  • Que pourriez-vous améliorer ?
  • Une fois quelques solutions trouvées pour votre sac, que pourriez-vous améliorer chez vous ?

 

Pour la suite : Avoir le minimum vital à la maison

 

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